Tâches nationales

Les institutions du Domaine des EPF accomplissent de nombreuses tâches dites nationales dans l’intérêt de la société, parfois sur mandat direct de la Confédération.

Ces tâches incluent par exemple les prestations du Service sismologique suisse, du Center for Security Studies et du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’EPFZ, de l’Inventaire forestier national du WSL et des alertes en cas de risques d’avalanches de l’Institut WSL pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF), du Réseau national d’observation des polluants atmosphériques (NABEL) de l’Empa, ou du Centre suisse d’écotoxicologie appliquée (centre Ecotox) de l’Eawag et de l’EPFL.

Pour ces tâches d’intérêt public, le domaine des EPF est souvent l’unique centre de compétences en Suisse et assume de ce fait une responsabilité particulière. Il entend continuer à fournir durablement des prestations de très haut niveau, fondées sur des bases scientifiques. Pendant la période en cours, le propriétaire étudiera, avec le Conseil des EPF, la question de savoir quelles tâches sont à envisager au titre de «tâches nationales» et quelles sont les prestations attendues du Domaine des EPF.

L’ETH-Bibliothek, à Zurich, et la Bibliothèque de l’EPFL comptent au nombre des principaux centres de documentation d’Europe dans les domaines de la technique et des sciences naturelles. Ces deux bibliothèques publiques contiennent des millions d’ouvrages qui représentent la majeure partie des connaissances actuelles. Plusieurs dizaines de milliers de clients font régulièrement appel à leurs services.

Fondée en 1855 et située dans le bâtiment principal de l’ETH Zurich, l’ETH-Bibliothek est la plus grande bibliothèque publique de Suisse dédiée aux sciences naturelles et à la technique. Avec la Bibliothèque de l’EPFL, installée dans le Rolex Learning Center, elle compte parmi les meilleures bibliothèques d’Europe. Ces deux institutions sont en outre considérées comme des précurseurs. L’ETH-Bibliothek a par exemple introduit un système de prêt en ligne ainsi que l’enregistrement d’identifiants numériques d’objets (DOI) pour les hautes écoles et la recherche suisses. Elle est notamment spécialisée dans la publication électronique et la conservation de données sous forme numérique. Les collections de ces deux bibliothèques portent sur l’architecture, les sciences de la construction, les sciences de l’ingénieur, les sciences naturelles, les mathématiques, les sciences naturelles orientées systèmes, le management et les sciences sociales.

Un plus pour l’économie

L’ETH-Bibliothek ne se contente pas d’être le centre de documentation centralisé de l’ETH Zurich. Elle fait aussi figure de centre national d’informations techniques et relatives aux sciences naturelles. Par conséquent, elle rassemble aussi des ouvrages consacrés aux principaux secteurs de recherche et développement de l’industrie helvétique. Parmi ses utilisateurs réguliers, on trouve des collaborateurs de l’école polytechnique, des doctorants et des étudiants, mais aussi des chercheurs issus de l’économie privée.

Réseau central de bibliothèques

L’ETH-Bibliothek gère également le Réseau de bibliothèques et de centres d’information en Suisse (NEBIS). Le catalogue centralisé NEBIS recense les fonds de plus de 140 bibliothèques suisses, dont l’ETH-Bibliothek, la Bibliothèque de l’EPFL, la Bibliothèque centrale de Zurich et les bibliothèques de l’Université de Zurich.

Collections et archives

L’ETH Zurich héberge en outre des collections et des archives prestigieuses. L’ETH-Bibliothek joue un rôle majeur dans la gestion de ces documents, parfois de grande valeur, et dans l’orientation stratégique à donner à cette activité. Dans ce contexte, elle se charge par exemple de projets de numérisation de grande envergure, de la mise sur pied de plateformes électroniques accessibles au grand public et dédiées à la diffusion de contenus numériques ou encore de mesures de conservation.

  
Bibliothek ETH ZürichVers le site web
Bibliothèque de l’EPFLVers le site web

L’infrastructure de calcul à haute performance du Centre suisse de calcul scientifique (CSCS) au Tessin est exploitée de manière durable comme laboratoire ouvert aux utilisateurs (User Lab). Par l’intermédiaire du CSCS, l’ETH Zurich poursuit ainsi la stratégie nationale pour le calcul à haute performance et sa mise en réseau (stratégie HPCN) menée par le Conseil des EPF sur mandat de la Confédération.

Le calcul à haute performance (High Performance Computing, HPC) est une technologie-clé pour la science et l’économie. Il complète les travaux théoriques et expérimentaux, tout en permettant aux chercheurs d’aborder des questions complexes sous un angle nouveau. Sur mandat de la Confédération, le Conseil des EPF a défini en 2007 la stratégie HPCN pour la Suisse. Sur décision du Conseil fédéral et du Parlement, les deux premières phases (2009–2012, 2013–2016) ont fait l’objet d’un financement important de 172,5 mio CHF en tout. La stratégie HPCN se trouve déjà dans sa troisième phase, qui couvre la période 2017–2020.

Troisième phase (2017–2020): préparation à l’ère de l’exascale

Le CSCS et la Suisse se préparent à entrer d’ici à 2020 dans l’ère de l’exascale. Les calculateurs de classe exascale pourront un jour effectuer des milliards de milliards d’opérations par seconde. La troisième phase (2017-2020) de la stratégie HPCN sera donc principalement consacrée au développement de codes et à leur optimisation, de manière à ce que l’architecture des calculateurs puisse à l’avenir être encore mieux exploitée tout en restant efficace sur le plan énergétique. 12 mio CHF sont à disposition pour cette étape, et 80 mio CHF sont prévus pour la prochaine génération de matériel informatique.

Réalisation des deux premières phases

Au cours des deux premières phases de la stratégie HPCN et sous la supervision de l’ETH Zurich, le CSCS a mis sur pied une infrastructure permettant aux scientifiques de mener des recherches extrêmement poussées en Suisse au moyen de simulations informatiques. Etant donné que la puissance de calcul et l’efficacité énergétique des supercalculateurs s’améliorent de manière continue et exponentielle grâce aux progrès technologiques, les infrastructures existantes de calcul à haute performance ont toujours dû faire l’objet d’adaptations et de mises à niveau/rénovations régulières. Concernant le User Lab, ces ajustements génèrent des coûts d’investissement annuels de près de 20 mio CHF. L’ETH Zurich investit chaque année un montant identique dans les coûts d’exploitation.

 

Afin de mettre en œuvre l’architecture de calculateur la plus efficace du point de vue des coûts et des besoins énergétiques, des investissements ont été consentis dès le début pour renouveler les codes d’utilisateurs. Jusqu’à présent, 3 mio CHF ont été mobilisés chaque année dans ce but, et ce montant a été doublé par les groupes de chercheurs impliqués. Ces projets ont tout d’abord été réalisés dans le cadre de la Swiss Platform for High-Performance and High-Productivity Computing, HP2C. Durant l’été 2013, HP2C a été remplacée par la Platform for Advanced Scientific Computing (PASC) dans le cadre de laquelle le CSCS travaille étroitement avec des producteurs de matériel informatique, des chercheurs, des développeurs de logiciels d’application, des mathématiciens et des informaticiens. HP2C et PASC n’ont pas seulement donné lieu à une conférence annuelle, qui réunit quelque 400 participants et fait à présent parler d’elle en dehors d’Europe; elles ont avant tout permis de créer un réseau de coopérations qui s’étend au-delà des frontières helvétiques.

Un réseau international

La Suisse, au travers du CSCS, s’est fait sa place sur la scène internationale du calcul à haute performance avec la stratégie HPCN. Le CSCS est membre de l’association européenne PRACE (Partnership for Advanced Computing in Europe) depuis 2007 et hosting member depuis 2016 avec son supercalculateur «Piz Daint», qui atteint un pic de puissance supérieur à 25 pétaflops (état au printemps 2017). La participation à PRACE permet entre autres aux chercheurs suisses d’accéder à divers systèmes européens, mais également aux chercheurs européens de se servir du supercalculateur «Piz Daint».

  
  Swiss National Supercomputing Centre CSCSVers le site web
  Platform for Advanced Scientific Computing (PASC)Vers le site web
  PASC ConferenceVers le site web
 Swiss Platform for High-Performance and High-Productivity Computing HP2CVers le site web

Fondé en 1938, le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) est l’un des plus anciens instituts de recherche économique en Suisse. Rattaché à l’ETH Zurich, il effectue des recherches sur les différents aspects de la conjoncture économique. Il est réputé dans tout le pays pour la qualité de ses prévisions et de ses études.

Comment évoluera le marché du travail suisse au cours des douze prochains mois? Quel est l’impact d’une appréciation du franc sur les exportations? Voilà le genre de questions que posent régulièrement responsables politiques, associations et entreprises au Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’ETH Zurich. Bien connu du public suisse pour son baromètre conjoncturel ainsi que ses enquêtes et ses prévisions dans ce domaine, le KOF publie également chaque année l’indice KOF de la mondialisation (KOF Index of Globalization), qui reflète les interactions économiques, sociales et politiques dans le monde, et l’indice KOF du marché de l’emploi des jeunes (KOF Youth Labour Market Index), qui examine différents aspects de la situation des jeunes sur le marché du travail.

Indépendance politique

Le KOF comprend cinq domaines de recherche, trois chaires et 64 postes à plein temps. Géré conjointement par l’ETH Zurich et par la Société suisse de recherches conjoncturelles (Schweizerische Gesellschaft für Konjunkturforschung), le KOF est ancré à la fois dans la science et dans l’économie, ce qui lui confère une position politique indépendante dans les débats. Grâce à ses activités de recherche approfondies et indépendantes sur les questions de société, le KOF est aujourd’hui un interlocuteur de poids dans les débats économiques et politiques en Suisse. Ses compétences sont également reconnues à l’étranger.

  
KOF Centre de recherches conjoncturellesVers le site web

Si la forêt est l’un des écosystèmes helvétique les mieux connus des scientifiques, c’est notamment grâce à l’inventaire forestier national (IFN), cogéré par l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). Les relevés de l’IFN constituent une base décisionnelle majeure en matière de politique environnementale et forestière en Suisse.

La forêt, qui recouvre près d’un tiers du territoire suisse, doit satisfaire à des exigences de moins en moins compatibles. Non seulement elle constitue l’habitat principal de nombreuses espèces animales et végétales, mais elle sert aussi d’espace de détente à la population, fournit du bois et offre une protection contre les dangers naturels, surtout en montagne. Pour la gérer et la protéger durablement, les politiciens, les chercheurs, les écologues, les forestiers et l’industrie du bois doivent disposer de données complètes et actualisées. C’est ce que leur fournit l’inventaire forestier national suisse (IFN), cogéré par le WSL, l’un des quatre établissements de recherche du Domaine des EPF, et la Division Forêts de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). L’IFN et d’autres relevés forment un système d’information national sur la forêt.

Echantillonnage systématique dans toute la Suisse

L’IFN recense l’état de la forêt suisse et son évolution. A cet effet, les chercheurs du WSL collectent, en collaboration avec les services forestiers locaux, des données sur les arbres, les peuplements forestiers et les placettes d’échantillonnage grâce à un inventaire systématique. L’IFN publie notamment des chiffres et des faits sur la surface forestière, le nombre de tiges, le matériel sur pied, l’accroissement, les exploitations et la diversité biologique. Le WSL se charge de la planification, du relevé des informations, de l’analyse et de l’interprétation scientifique des données, tandis que l’OFEV interprète les résultats en termes de politique forestière.

Les premiers relevés de l’IFN furent réalisés entre 1983 et 1985; la deuxième campagne suivit entre 1993 et 1995 et le troisième inventaire s’est déroulé de 2004 à 2006. Le relevé continu du quatrième inventaire a commencé en 2009; il se poursuivra jusqu’en 2017.

  
Inventaire forestier nationalVers le site web

Le bulletin d’avalanches est la prestation la plus connue du WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF. En hiver, il est publié deux fois par jour et permet d’éviter des accidents souvent tragiques.

Consulter le bulletin d’avalanches de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF) basé à Davos fait généralement partie des préparatifs en vue d’une randonnée à ski dans les Alpes suisses. Ces informations très détaillées sur l’enneigement et le risque d’avalanches dans les montagnes situées entre l’Engadine et les Alpes valaisannes comptent parmi les publications du Domaine des EPF les plus consultées.

Instruments pratiques efficaces

Rattaché à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, le SLF est un centre de recherche et de prestation interdisciplinairequi emploie près de 130 collaborateurs. Ses activités portent essentiellement sur la neige, l’atmosphère, les risques naturels, les pergélisols et les écosystèmes de montagne. Les collaborateurs du SLF sont actifs dans la recherche tant fondamentale qu’appliquée. L’objectif consiste à développer des instruments efficaces destinés aux autorités, à l’industrie et au grand public, qui peuvent être mis en œuvre notamment pour gérer les risques naturels ou analyser les changements climatiques et environnementaux.

Au service du public

De plus, le SLF propose toute une série de prestations en étroite collaboration avec la recherche: mandats de conseil, expertise pour les accidents d’avalanche et la protection contre les avalanches et développement de systèmes d’alerte pour les dangers naturels alpins. Les collaborateurs du SLF enseignent également au sein du Domaine des EPF ainsi que dans plusieurs universités suisses et étrangères et ils forment des spécialistes de la sécurité. Ils transmettent leur savoir-faire au grand public à travers les médias et d’autres moyens de communication.

  
Bulletin d’avalanchesVers le site web

Sur mandat de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), l’Empa dirige le Réseau national d’observation des polluants atmosphériques (NABEL). Les mesures prises sur 16 sites de Suisse permettent l’identification précoce de substances polluantes problématiques ainsi que le contrôle du succès de la politique suisse de l’environnement.

A la suite de nombreuses prises de mesures, la qualité de l’air en Suisse s’est nettement améliorée. Différentes immissions restent toutefois trop élevées, dont notamment la charge polluante pendant le smog hivernal, les valeurs d’ozone en été et les mesures d’azote trop élevées des forêts et des systèmes écologiques. Du point de vue des émissions, les particules fines et les gaz à effet de serre constituent un souci.

Pour les autorités de protection de l’environnement à tous les niveaux, il est donc important de consigner avec précision la charge actuelle en polluants et de pouvoir en suivre l’évolution à moyen et à long terme. Le NABEL a été mis sur pied dans ce but. Ce projet est dirigé conjointement par l’Empa et l’OFEV.

16 stations de mesure en Suisse

Le réseau de mesure NABEL se compose de 16 stations de mesure réparties dans toute la Suisse. Ces sites représentent les situations problématiques les plus fréquentes en Suisse. Avec un faible nombre de points de mesures, il est donc possible d’obtenir une image détaillée de la qualité de l’air dans tout le pays. Les stations du NABEL se trouvent, par exemple, dans des grandes villes comme Zurich, Bâle, Berne et Lausanne VD, le long de grands axes de circulation tels que Härkigen SO et Payerne VD, dans des villes de montagne comme Davos GR ou sur des sommets tels que le Rigi SZ. Quelques-unes des stations sont intégrées à des programmes de mesures internationaux, à savoir l’European Monitoring and Evaluation Programme (EMEP) et le Global Atmosphere Watch (GAW).

En tant que prestation de service au public, l’Empa est responsable de l’exploitation du NABEL. S’y ajoute le programme d’une importante plate-forme pour des projets de recherche.

  
Réseau national d’observation des polluants atmosphériques (NABEL)Vers le site web

L’Institut Paul Scherrer (PSI) développe, construit et gère de grandes installations de recherche sophistiquées depuis plusieurs décennies. Il les met également à la disposition des chercheurs externes, issus des hautes écoles, d’autres institutions de recherche et de l’industrie. Pour les chercheurs basés en Suisse, il s’agit là de la seule possibilité d’effectuer ce genre d’expériences dans le pays.

Le PSI, qui fait partie du Domaine des EPF, possède de grandes installations de recherche sophistiquées (p. ex. la source de neutrons SINQ, la Source de Lumière Synchrotron Suisse [SLS] et la source de muons SμS) qui permettent aux chercheurs de réaliser des expériences dans les domaines de la physique, de la chimie, de la biologie et de la médecine, dans les sciences des matériaux ainsi que dans les techniques environnementales et énergétiques. Ces installations sont uniques en Suisse, car leur fonctionnement est très complexe et coûteux. Grâce aux expériences effectuées sur ces installations, des chercheurs de différentes disciplines et provenant des hautes écoles ainsi que d’autres institutions de recherche ont la possibilité de réaliser des percées décisives dans leurs travaux et, bien souvent, de bénéficier d’un avantage concurrentiel. En tant que laboratoire utilisateurs, le PSI donne non seulement accès à ses installations, mais propose également des prestations tout aussi précieuses d’encadrement des scientifiques externes par du personnel hautement qualifié, capable d’ajuster avec une grande précision les appareillages complexes du PSI aux besoins des utilisateurs.

Forte demande de temps de mesure

En 2010, le PSI a comptabilisé près de 4560 visites de travail, dont 1141 pour les seuls chercheurs basés en Suisse. Au total, 1755 expériences ont été réalisées. La demande de temps de mesure dépassant le temps à disposition, les chercheurs doivent soumettre une requête au PSI. Seuls les meilleurs dossiers sont retenus. Les utilisateurs suisses proviennent pour la plupart de l’ETH Zurich et de l’Université de Zurich, suivis de près par l’EPFL. Mais les chercheurs des Universités de Bâle, Berne, Fribourg, Genève, Lausanne et Neuchâtel sont aussi des habitués du PSI. L’industrie pharmaceutique suisse a elle aussi financé ses propres postes de mesure dans les grandes installations du PSI et les utilise régulièrement, tout comme d’autres entreprises helvétiques. Ces sociétés préfèrent garder l’anonymat pour des raisons de concurrence.

  
Laboratoire utilisateurs du PSIVers le site web

Le Centre Ecotox de l’Eawag et de l’EPFL fait le lien entre la science et la pratique. Il a pour mission d’identifier et d’évaluer les effets des substances chimiques sur l’environnement afin d’en réduire les risques.

Que se passe-t-il lorsque des nanoparticules se détachent d’une façade lors d’un nettoyage? Quelles micropollutions issues de produits courants (produits de nettoyage et de soins corporels, médicaments ou produits phytosanitaires) menacent les nappes phréatiques? C’est sur ces questions de recherche appliquée que se penche le Centre suisse d’écotoxicologie appliquée (Centre Ecotox) de Dübendorf (ZH), géré conjointement par l’Eawag et l’EPFL.

Un relais entre la recherche et le terrain

Le travail de la quinzaine de collaborateurs du Centre Ecotox consiste, d’une part, à identifier et à évaluer l’impact des substances chimiques sur les systèmes aquatiques et terrestres et, d’autre part, à signaler les risques inhérents à ce type de substances. Essentiellement axé sur la gestion des connaissances ainsi que sur le transfert de savoir et de technologie, le Centre Ecotox constitue un relais entre la recherche et le terrain. Il favorise le dialogue entre les experts du monde scientifique et de la pratique et contribue, à travers ses propres projets mais aussi de nombreuses collaborations scientifiques, à combler les lacunes existant dans l’écotoxicologie appliquée.

Système d’alerte précoce

Le dialogue actif entre les parties prenantes issues des milieux économique et scientifique permet d’identifier précocement les problèmes actuels et de contribuer à les résoudre. L’un des objectifs majeurs du Centre Ecotox est de transmettre ses connaissances et son savoir-faire afin de conférer à ses interlocuteurs les compétences requises. Il propose donc des prestations aux autorités et à des tiers, s’engage en faveur de la formation et du perfectionnement et met les résultats de ses travaux à la disposition du plus grand nombre.

Le siège du Centre Ecotox se trouve à Dübendorf, dans les bâtiments de l’Eawag, l’Institut de Recherche de l’Eau du Domaine des EPF. L’EPFL accueille un second site spécialisé dans l’écotoxicologie terrestre. Le Centre Ecotox a été fondé en 2008, à l’initiative du Conseil fédéral et du Parlement.

  
Centre Ecotoxzur Webseite

Le risque de séisme fait la une en Suisse quand la terre tremble à l’autre bout du monde. Le Service Sismologique Suisse (SED) de l’ETH Zurich, qui surveille les activités sismiques dans le pays et définit les mesures de prévention, est alors amené à s’exprimer.

Le SED est le service spécialisé de la Confédération en matière de tremblements de terre. Il est chargé d’observer et d’étudier les mouvements et les risques sismiques en Suisse. Ses activités sont intégrées dans le programme fédéral pour la réduction du risque sismique dans le pays.

Réseau de mesure ultrasensible

Le SED utilise un réseau d’instruments de mesure numériques extrêmement sensibles (Swiss Digital Seismic Network, SDSNet) afin de surveiller l’activité sismique en Suisse et dans les zones frontalières. Ces sismomètres sont placés sur des rochers solides, dans des endroits reculés. Les signaux sismiques sont transmis en continu au centre de données du SED à Zurich, où les informations sont évaluées automatiquement, et si nécessaire manuellement, puis archivées. Environ 700 gigaoctets de données sont stockés chaque année.

En plus du SDSNet extrêmement sensible, le service sismologique entretient un réseau national d’instruments de mesure pour les forts tremblements de terre. Ces appareils, des accéléromètres, sont capables d’enregistrer des signaux de bonne qualité même lors de tremblements de terre puissants. Ils sont répartis dans les régions sismiquement actives de Suisse, en particulier dans celles à hauts risques, telles que le Valais ou Bâle, et dans les très grandes agglomérations. Des accéléromètres sont également installés sur certains grands barrages suisses, en collaboration avec l’Office fédéral de l’énergie et les exploitants des principales centrales hydrauliques.

Prestations pour l’industrie et le grand public

Le SED propose différentes prestations à l’industrie et aux établissements publics, notamment dans le cadre de projets de géothermie ou pour évaluer l’aléa sismique lors de la planification directrice des cantons et des communes. Ses spécialistes répondent volontiers aux questions de la population et des médias. En outre, le SED essaie de sensibiliser le public au risque sismique et à sa prévention afin que celle-ci soit renforcée en Suisse.

  
Service Sismologique Suisse (SED)Vers le site web

Le Swiss Plasma Center (SPC) de l’EPFL joue un rôle important sur le plan national et international dans le développement de la fusion contrôlée en tant que source d’énergie utilisable.

Le SPC fait partie de la Faculté des sciences de base de l’EPFL. Il emploie environ 130 personnes, dont 110 à Lausanne et 20 autres à l’Institut Paul Scherrer (PSI) de Villigen (Argovie). Sur mandat de la Confédération, le SPC participe depuis des années au programme européen de recherche en fusion thermonucléaire contrôlée, qui vise à développer un réacteur thermonucléaire à fusion. Dans le cadre de cette mission de la plus haute importance, il concentre ses activités sur des expérimentations de type tokamak (réacteur à fusion nucléaire dans lequel le plasma est confiné dans une chambre immatérielle de forme torique créée par des champs magnétiques).

Fort potentiel de la fusion thermonucléaire

Il existe deux façons complètement différentes de produire de l’énergie nucléaire. La première consiste à procéder à la fission d’atomes lourds (p. ex. d’uranium), comme c’est le cas dans les centrales nucléaires actuelles. La seconde réside dans la fusion des isotopes de l’hydrogène (deutérium et tritium) en hélium, un processus appelé fusion thermonucléaire qui reproduit un mécanisme naturel à l’origine du rayonnement du soleil.

La fusion nucléaire contrôlée pourrait devenir une nouvelle source d’énergie importante, notamment eu égard au scepticisme grandissant face à la fission nucléaire. Elle présente en effet des avantages majeurs. Tout d’abord, les combustibles de base sont non radioactifs et existent en quantités quasiment inépuisables. Ensuite, le réacteur n’a besoin que d’une quantité minime de combustible pour fonctionner, et tout incident entraînerait son arrêt immédiat, ce qui élimine le risque d’une catastrophe nucléaire. Enfin, le problème des déchets radioactifs est limité et la fusion, tout comme la fission, est neutre en CO2.

Contributions importantes pour les sciences et l’enseignement

La recherche fondamentale et l’enseignement dans le domaine interdisciplinaire de la physique des plasmas font partie des activités du SPC depuis 1961. En 1994, le groupe de technologie de la fusion du PSI a rejoint le SPC. En plus de ces activités, l’institut contribue de manière notable à l’assimilation des connaissances spécifiques et au transfert de technologie.

  
Swiss Plasma Center (SPC)Vers le site web

En novembre 1996, le Centre de protonthérapie du PSI a été le premier centre au monde à traiter un patient cancéreux à l’aide d’un tout nouveau procédé de radiothérapie: la technique de protonthérapie dite de «spot-scan». Dans la cadre de cette technique, un faisceau-crayon de protons balaie avec précision les tumeurs dans les organes et détruit ainsi les cellules tumorales sans endommager les tissus sains adjacents. Cette méthode, développée par des chercheurs du PSI, était alors une véritable révolution, et elle est rapidement devenue un succès. Aujourd’hui, le spot-scan est devenu le procédé standard en protonthérapie à l’échelle mondiale. Au centre de protonthérapie du PSI, cette technique a été utilisée systématiquement, et avec beaucoup de succès, pour traiter plus de 2000 patients cancéreux ces 25 dernières années.

  
Centre de protonthérapie CPTVers le site web
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